À Saint-Roch, l’organisation de la prise en charge des patients en ambulatoire pour une opération de la cataracte a fait l’objet de recherche d’optimisation : la gestion de flux est centrée autour du patient, de son
parcours et des circuits qu’il emprunte, au sein d’une démarche qualité/gestion des risques autour du process. « Le patient reste ainsi en moyenne 2h30 chez nous, il ressort très vite. Chaque étape est correctement séquencée », précise le Dr Serge Zaluski, ophtalmologue.
Un parcours au millimètre
À Saint-Roch, tout le service est sur un même niveau, l’horizontalité des structures et l’absence de passage en chambre sont des éléments très importants pour optimiser le process. Dès que la préadmission sera organisée à Saint-Roch, le patient sera convoqué au maximum 30 à 45 min avant son entrée au bloc opératoire, sauf cas particulier, sans avoir à passer au bureau des entrées le jour de son intervention. Le patient se rend au vestiaire puis range ses affaires personnelles dans un casier. Il passe ensuite en salle d’attente opératoire.
L’infirmière procède à sa préparation, puis il est acheminé au bloc à pied (éventuellement en fauteuil) en étant accompagné. Nous avons deux salles opératoires en alternance, la salle 2 est préparée pendant l’intervention qui se déroule dans la salle 1. La durée de l’opération correspond à celle de la préparation. Ainsi, nous opérons jusqu’à 18 patients par ½ journée.
Après l’intervention, le patient sort du bloc à pied, si nécessaire en fauteuil ou en brancard. Il se change au vestiaire sous surveillance. Une collation lui est proposée en salle de repos. Il est ensuite évalué par le score de Chung, (tension artérielle, conscience, etc.) puis peut quitter l’établissement avec toutes les informations nécessaires : une ordonnance, des médicaments, les consignes à suivre en cas d’anomalie. Tout cela est anticipé et protocolisé scrupuleusement. La mise en place d’un circuit ultra court revient à s’interroger notamment sur la suppression, simplification ou raccourcissement des étapes sans valeur ajoutée, la suppression des traitements inadéquats.
Des évolutions médicamenteuses
« Des avancées sont également attendues de nouveaux médicaments. Par exemple, la possibilité de dilater la pupille par injection intraoculaire pendant l’opération permet d’éviter la dilatation préopératoire.
D’ailleurs, notre équipe de Saint-Roch travaille de concert avec d’autres équipes d’établissements du groupe Médipôle-Partenaires sur un projet d’évaluation médico-économique des protocoles de dilatation per-opératoire. »
Un travail a été effectué sur les circuits organisationnels au sein des 25 établissements de santé du groupe réalisant de l’ophtalmologie et notamment 42 000 cataractes, c’est à dire 5 % de l’activité nationale totale. Ce
travail a montré la diversité des pratiques organisationnelles et la nécesité d’une évolution des organisations.
Rappelons en n que le volume des actes en chirurgie ophtalmologique augmente de 4 à 5 % par an depuis les années 1990. Alors que la démographie médicale en ophtalmologie diminue, la demande en soins ophtalmologiques augmente du fait du vieillissement de la population, mais aussi des nouvelles possibilités de traitement de certaines pathologies oculaires. « Les organisations de demain se devront d’être réglées par des modèles de fast tracking ou de circuit ultra court. C’est une avancée réelle pour le patient, pour le praticien et pour la structure hospitalière », conclut le Dr Zaluski.
3500 cataractes sont réalisées chaque année à Saint-Roch par l’équipe de sept chirurgiens.