Troubles du comportement alimentaire (TCA)

Des patients souffrant de troubles du comportement alimentaires sont hospitalisés sur la clinique Médipôle.

Les TCA sont une pathologie en expansion, et leur prise en charge est encore très largement insuffisante.

Les trois grands TCA

  • Si l’anorexie mentale (AM) est par son côté spectaculaire, le plus connu des TCA, elle touche 1 % de la population, avec une prédominance très marquée pour le sexe féminin (9/10), même si l’on rencontre de plus en plus d’hommes atteints par cette pathologie.
  • La boulimie nerveuse (BN), représente quant à elle 3 % de la population, là aussi essentiellement féminine. A l’inverse de l’AM, la boulimie  est un trouble secret, qui ne se voit pas.
  • L’hyperphagie boulimique (ou binge eating disorder, BED) est présent chez plus de la moitié des patients obèses, soit environ 7 % de la population.

La clinique

L’anorexie mentale se caractérise par un amaigrissement pouvant être très important, avec un IMC (poids/taille²) inférieur à 17,5 ; l’hospitalisation est en théorie obligatoire si celui-ci est inférieur à 15. Contrairement à ce qu’indique son nom, il n’y a pas, au début de la maladie, de perte de l’appétit mais une lutte permanente contre la sensation de faim. Dans plus de la moitié des cas cette restriction alimentaire s’accompagne de crises de boulimie suivies de vomissement. Cette maladie survient classiquement à l’adolescence, mais atteint de plus en plus de femmes adultes.

L’AM s’accompagne d’une aménorrhée, et surtout d’un déni de la pathologie et de la maigreur. Une forme particulière est constituée par ce que l’on pourrait appeler « l’anorexie mentale secondaire » : suite à une perte de poids pour une raison quelconque (traitement par Interféron, cancer, dépression) la patiente se retrouve en dénutrition, ce qui entraine secondairement un tableau d’anorexie.

La boulimie nerveuse, se caractérise par la survenance de crises de boulimie, suivies obligatoirement de conduites purgatives (vomissements, prises de laxatifs) Les patients restent à un poids relativement normal et le danger majeur est constitué par l’hypokaliémie, qui nécessitera parfois l’hospitalisation.

L’hyperphagie boulimique est constituée  par l’existence de crises de boulimie non suivies de vomissements. Cet état entraine une prise de poids qui peut être très importante. Les facteurs émotionnels jouent un rôle prépondérant dans les crises, mais également toutes les idées reçues (et fausses) concernant la diététique et les régimes, qui entrainent un tableau de restriction cognitive (je m’alimente de façon contrôlée, en me basant sur des idées, sans tenir compte de ma régulation basée sur les sensations de faim et de satiété)

Le BED est une contre-indication à toute forme de régimes mais aussi (et surtout) à la chirurgie bariatrique.

La prise en charge

La BN et le BED relèvent essentiellement d’une prise en charge ambulatoire, avec parfois une hospitalisation de jour qui permet un bilan médico-psycho-diététique. Cette prise en charge est basée sur la thérapie comportementale et cognitive, aussi bien au niveau diététique (réapprendre l’écoute des sensations alimentaire, rompre la dichotomie bons et mauvais aliments) que psychologique (gestion des émotions, affirmation de soi)

L’AM est une pathologie aux confins de la médecine et de la psychiatrie, aussi bien au niveau des causes (on parle d’un modèle bio-psycho-social) qu’au niveau des conséquences et la prise en charge.

Si aujourd’hui tout le monde s’accorde pour dire que la priorité est la prise en charge ambulatoire, l’hospitalisation est souvent nécessaire pour lutter contre la dénutrition avec recours si nécessaire à la sonde naso-gastrique.

Cette hospitalisation concernera aussi bien les endocrinologues, les néphrologues, les psychiatres.

La prise en charge se doit d’être pluridisciplinaire avec médecins, psychologues, kiné, diététicien. Elle concernera le patient, mais aussi son entourage.

L’idée aujourd’hui, n’est pas de rendre l’entourage responsable de la pathologie, comme cela se faisait il y a 30 ans, mais au contraire de les déculpabiliser, de les reconnaître comme co-victimes de cette pathologie, et de ce fait de les aider à se positionner face à la maladie, de façon à ce que leurs réactions ne viennent pas aggraver le problème, finalement de les prendre comme co-thérapeutes (hormis bien sur un certain nombre de situations, assez rares, où la famille dysfonctionne manifestement, et où ils doivent être pris en charge en thérapie familiale ou individuelle, voire éloignés)

Pour cela des groupes de paroles sont mis en place regroupant des familles de patients souffrant de TCA.

L’association ABAS

L’association ABAS (Anorexie, Boulimie, Aide et Soutien) est née de la volonté de familles et de patients souffrant de TCA, qui voulaient éviter à d’autres de revivre les mêmes difficultés qu’eux pour la prise en charge, l’orientation, mais également leur souffrance.

Après 5 ans d’existence, elle s’engage dans le soutien et l’orientation des familles et patients, dans la prévention, dans la formation des professionnels de santé.

Pour cela, elle mène plusieurs actions :

  • Tous les samedi matin, elle propose un lieu d’accueil et d’écoute dans des locaux mis à leur disposition par la direction de Médipôle, avec possibilité d’emprunter des ouvrages traitant des TCA,
  • Accueil téléphonique 7jours/7,
  • Réunion d’information tous les premiers vendredi de chaque mois,
  • Prise en charge familiale, une fois par mois, animé par une psychologue,
  • Action d’information et de prévention auprès des établissements scolaires, des PIJ etc.…
  • Aide financière pour la prise en charge des consultations auprès des psychologues, des diététiciens pour les patients les plus démunis,
  • Organisation de congrès destinés aux professionnels et au grand public, en partenariat avec les associations de famille de Nîmes.

Plusieurs rencontres sont organisées, contactez les organismes suivants pour tout renseignement :

 

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